Aux Pays-Bas, un vrai choix pour les déplacements

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Aux Pays-Bas, un vrai choix pour les déplacements

Je reviens d’un séjour de dix jours aux Pays-Bas, à Zandvoort, à 30km à l’Ouest d’Amsterdam. Cela fait 4 fois en 40 ans que je vais dans ce pays. Pour la première fois, j’avais décidé de laisser la voiture à la pension où nous étions hébergés et d’utiliser le train et le vélo comme moyen de transport.

J’ai découvert les immenses progrès en terme de mobilité de ce pays depuis 10 ans. Non, ce n’est pas le pays du vélo. Les Pays-Bas sont l’exemple de l’équilibre entre tous les modes, c’est un exemple d’urbanisme, c’est le pays même de l’intermodalité.

Le système voiture est abondant, mais le système ferroviaire, le système vélo et le système bus sont parfaitement articulés et traités avec le même niveau de qualité, d’investissement et d’entretien. Les pistes cyclables ne sont pas, contrairement à ce que l’on dit, bondées de vélos, sauf à Amsterdam. Mais elles sont là et elles offrent le choix.

Quand on se déplace aux Pays-Bas, on a un vrai choix. C’est un pays exemplaire en matière de démocratie des transports car les choix sont les plus larges possibles. L’entretien de tous les réseaux est sans reproche. Les pistes cyclables sont un billard.
Elles sont entretenues impeccablement : pas une brindille ni un bout de verre, pas de trous, de nids de poules. Chaque dégradation conjoncturelle est traitée de suite dans une logique zéro défaut. Dans chaque gare si petite soit-elle il y a un ascenseur par quai. Les trains peuvent emporter les vélos en dehors des heures de pointe. Ils sont fréquents, cadencés, avec une grande amplitude horaire. Les descentes de trottoir sont nombreuses et traitées en pente douce avec une grande qualité.

On peut tout visiter en train et à vélo pour un prix raisonnable à la mesure de la qualité du réseau.
Il est là le modèle de mobilité intermodale en Europe et pas ailleurs. Les autoroutes sont impeccables, et bordées de pistes cyclables avec de nombreux ouvrages d’art dans le périurbain ou pour traiter les effets de coupure par l’eau en particulier. La vitesse des automobiles sur tous les réseaux a été réduites drastiquement. On se sent serein quand on se déplace dans ce pays quelque soit le mode.

On est très loin de tout cela en France. Nous sommes largués en matière de mobilité durable et cela va continuer si nous investissons si peu dans le système vélo.
Pour rattraper le retard, il faut investir massivement et vite. Il n’y a absolument aucune raison de ne pas mettre le paquet en France sur le sujet. Ce n’est qu’une question de priorité et d’ampleur d’investissement.

En France, nous n’avons pas assez de choix en matière de transport, pas assez d’ambition pour le vélo. On investit toujours à la marge par rapport au système automobile. Les systèmes ne sont pas traités avec le même soin.

Dominique Bied


Questions :

  • Suffit-il de travailler avec priorité sur le vélo et la ville et ces concepts ?
  • Le niveau d’investissement sur les mobilités alternatives hors transports en commun est-il suffisant face à un rapport 10 entre les investissements sur l’infrastructure automobile et transports en commun et l’infrastructure modes actifs ?
  • Faut-il se cantonner à un schéma global 80% des déplacements mécanisés en automobile ; induisant une culture majoritairement automobile ?
  • Comment faire accepter socialement de réduire la vitesse sur certaines routes, sinueuses et étroites, du réseau secondaire à 50km/h ?
  • Pourquoi se cantonner à parler de circulation apaisée et ne pas donner tous ses atouts au décollage des modes actifs ? Dans les pays d’Europe du Nord, et même en Allemagne et les modes actifs sont beaucoup plus présents que chez nous.
  • Aux Pays-Bas, par exemple, les ascenseurs de quai dans toutes les gares et à chaque quai permettent aux handicapés et aux vélos d’être à l’aise. Les aménagements cyclables favorisent donc la voirie pour tous.
  • Que dire des quatre voies non aménagées pour les vélos ? Aux Pays-Bas, les routes à grande circulations sont équipées pour recevoir les vélos.