La question de l’esthétique au prisme de l’acceptabilité des ouvrages

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Colloque-atelier - Design et projets d'équipements publics

La question de l’esthétique au prisme de l’acceptabilité des ouvrages

Communication faite à l’occasion de : Design et projets d’équipements publics - 4 et 5 novembre 2004 - Colloque-atelier international interdisciplinaire - Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne

Accès à : Communication - Discussion


Communication - « La question de l’esthétique au prisme de l’acceptabilité des ouvrages »

Arthur Jobert, Électricité de France, Recherche & Développement (EDF R&D), Paris [1] arthur.jobert@edf.fr

Élodie Merle, EDF R&D, Paris


Arthur Jobert :
Je voudrais m’excuser auprès de Madame Létourneau qui n’a pas eu beaucoup de temps pour préparer la discussion car elle n’a vu nos transparents que tout à l’heure. Nous ferons donc l’animation ensemble et je ne doute pas que, avec sa grande expérience, cela se fera sans grande difficulté.
Ce que l’on va vous présenter va assez bien dans l’esprit de ce colloque-atelier. C’est un travail qui n’est pas très achevé et qui est empreint de beaucoup de questions. La question posée par ce colloque-atelier est celle du design dans ses différentes acceptions. Le thème de ce colloque oblige à se poser des questions que nous ne nous sommes pas posés ou, plutôt, à se confronter à une question que nous ne savons pas très bien aborder dans le groupe de recherche auquel nous appartenons.

C’est pour cela que nous avons changé le titre initial de notre présentation en le transformant en : « La question de l’esthétique au prisme de l’acceptabilité des ouvrages ». Le constat que nous allons dresser en nous appuyant sur différentes études est que nous avons du mal à prendre en charge la question de l’esthétique et que, quand nous le faisons, nous avons tendance à la rabattre sur d’autres dimensions de l’acceptabilité des ouvrages. Autrement dit, la question de l’esthétique n’est pensée que comme un argument stratégique utilisé dans le cadre de controverses et de conflits d’intérêts. Pour utiliser un vocabulaire un peu daté, nous agissons comme si la question de l’esthétique était surdéterminée par les enjeux réels de la controverse. C’est sans doute une vision étroite du problème (nous parlerons d’ailleurs d’esthétique et non de design, justement parce qu’on est dans une acception étroite du mot design), mais je pense qu’il est important de souligner cette difficulté à se saisir de cet enjeu et les réactions ambivalentes qu’elle suscite. Elle est assez révélatrice de l’attitude des aménageurs et de certains chercheurs me semble-t-il.

Juste quelques mots sur notre structure. Nous appartenons à la R&D d’EDF et plus précisément au Groupe de recherche énergie, technologie et société (GRETS) qui existe depuis 1983. Nous avons donc l’avantage, par rapport à d’autres structures, d’avoir un peu d’historique derrière nous, ce qui nous permet de faire des travaux rétrospectifs. Nous sommes une structure interdisciplinaire en sciences humaines au sein d’une direction de la recherche qui est essentiellement technique. La R&D d’EDF mobilise environ 2 000 personnes, essentiellement des sciences de l’ingénieur qui couvrent un champ très large. À l’intérieur de cela, les sciences humaines comptent une trentaine de personnes, parmi lesquelles se trouvent des gens plutôt orientés vers les clients et d’autres, dont nous-mêmes, plutôt orientés vers l’environnement et le développement durable.

Pourquoi est-il important de vous raconter tout cela ? D’abord, pour vous montrer que l’on vit dans un monde d’ingénieurs essentiellement, ce qui influence notre manière de concevoir les choses. Pour vous expliquer que nous ne sommes pas des chercheurs académiques, je dirais que nous sommes soumis à une contrainte assez forte : celle du travail en entreprise. Nous avons donc à entrer dans des processus (que je ne vais pas vous décrire) plutôt clients/fournisseurs et, suivant les moments, nous sommes dans des positions de service d’études internes autonomes, ou bien nous travaillons à la commande. Donc, il y a quand même une forme de demande sociale à laquelle nous essayons de répondre. Elle est spécifique et oriente les travaux que nous faisons. Je crois que cela peut être intéressant pour la réflexion que l’on a ici. À la R&D d’EDF, il y a une tension entre l’ingénierie sociale, le fait de développer des outils (c’est ce qu’on nous demande) et la vocation critique, c’est-à-dire que nous sommes là aussi pour déranger, pour soulever des questions nouvelles. Il faut que nous aidions aussi l’entreprise à évoluer. Il y a donc trois logiques plus ou moins contradictoires que nous essayons de gérer au mieux de nos intérêts : la commandite interne, les évolutions de la société et les méthodes académiques. Nous essayons d’encadrer des problèmes par des dispositifs de recherche ainsi que des problématiques et des débordements, puisqu’il y a des questions nouvelles que nous essayons de rattraper d’une manière ou d’une autre. Pour une entreprise comme EDF qui exploite et développe des ouvrages électriques de différents ordres pour la production et le transport de l’électricité (centrales nucléaires, centrales thermiques, barrages, éoliennes, lignes électriques), la dimension esthétique ressurgit souvent via les contestations de projet. L’ouvrage est dénoncé parce qu’il détruit ou balafre le paysage, parce qu’il est susceptible de porter atteinte à l’image du terroir et donc de faire fuir les touristes, etc. Vue de l’aménageur, l’esthétique est donc essentiellement une question de contestataires et de riverains. Nous avons tendance à la rabattre sur d’autres dimensions, ce que nous appelons l’acceptabilité des ouvrages, autrement dit à la replacer dans une ligne de recherche visant à comprendre les tenants et les aboutissants des conflits ou des tensions qu’il peut y avoir autour de ces ouvrages. Je crois que le fait de rabattre la question esthétique sur la question d’acceptabilité des ouvrages est assez significatif de la manière dont les ingénieurs traitent ces questions-là.

Il y a différentes manières d’aborder la question de l’acceptabilité des ouvrages. On peut notamment le faire sous l’angle de l’opinion publique. Chez nous, des chercheurs font depuis l’origine des études sur l’opinion publique. Depuis le début des années 90, existe notamment un outil, conçu par notre collègue Béatrice Hammer, appelé le « baromètre environnement » qui vise à suivre les évolutions de l’opinion publique dans la durée. On y trouve des questions comme : « Je vous cite un certain nombre d’installations, pour chacune d’entre elles, pensez-vous qu’elle est très gênante, assez peu gênante, etc. ? » Nous pouvons alors faire un classement des équipements sous l’angle de la gêne. Par exemple, les lignes esthétiques sont du côté du « très gênant » et dans l’« assez gênant », alors que l’éolien ne présente que 6% de « très gênant ». C’est une manière d’aborder la question. Il est possible de faire la même chose avec les risques : « Ces installations sont-elles très dangereuses, peu dangereuses, etc. ? » On voit que l’on n’est pas vraiment du côté de l’esthétique, même si ce n’est pas sans rapport. On trouve plutôt cette question du coté des approches de controverses locales. Nous allons vous présenter ici des éléments issus d’études sur les lignes très haute tension et l’éolien, qui sont, parmi les objets que nous avons à traiter, les plus en lien avec le paysage.

Il est important de souligner la dimension interdisciplinaire de notre approche de ces sujets. Dans notre approche d’ingénierie sociologique, nous ne faisons donc pas vraiment de différence entre les méthodes qui essaient d’approcher l’externe (opinion, sondages) et celles qui cherchent à approcher l’interne (qui serait, en caricature, le management et la sociologie qualitative). Nous avons tendance à mélanger tout cela et à essayer de ne pas faire de distinction entre l’interne et l’externe (le public).

Autour des lignes très haute tension, il y a ainsi eu un mouvement qui nous a fait passer d’une réflexion qui était plutôt du côté de l’externe (essayer de comprendre pourquoi le public ne voulait plus de lignes très haute tension) à une réflexion portant sur les modes de fonctionnement interne. Au début des années 90, il y a eu de nombreuses controverses d’aménagement, notamment autour des lignes très haute tension. En 1992, le premier accord État/EDF, fondé sur le principe de compensation avec l’idée d’effacement du réseau, est signé. L’idée directrice est qu’on efface x kilomètre des réseaux basse tension en échange de y kilomètre de lignes très haute tension. Dans le même ordre d’idée, on introduit pour le riverain la notion de préjudices visuels, qui peut donner lieu à un dédommagement. On voit comment la question d’esthétique est rabattue ici sur une question de marchandage. En faisant la promotion de ce type d’outils de compensation, on ne cherche pas vraiment à savoir comment et pourquoi on glisse d’une vision du pylône comme symbole de la modernité (en arrière-plan de l’affiche de campagne de F. Mitterand en 1974 !) au pylône balafre du paysage (Trom 1999 et 1996).

Pour la R&D d’EDF, concernant ces controverses, les premières études sont plutôt tournées vers la piste des champs électromagnétiques. On pensait qu’elle était très présente : c’était vrai au niveau national, mais on s’est aperçu que c’était peu le cas au niveau des controverses locales. On est donc parti à la recherche d’autres déterminants et il y a eu toute une série d’études autour du syndrome Not In My Back Yard (NIMBY), que l’on peut traduire par « pas ça chez moi ». On essayait de comprendre pourquoi le grand public, les parties prenantes, s’opposaient à un certain nombre de projets, et cela a assez vite ramené des questions sur la manière de conduire les projets en interne. Le constat était que l’on ne prenait pas assez en compte le local, l’histoire et les projets des territoires. Il en résultait des erreurs d’appréciation des intérêts en présence et des erreurs de comportements qui alimentaient l’hostilité de certains acteurs locaux. Cela a conduit à des réformes, notamment la déconcentration d’un certain nombre de services.

Du côté des méthodes qui ont pu être élaborées, nous avons eu, à un moment, une grosse crise en raison d’un échec sur la ligne France/Espagne, qui a conduit à la régionalisation d’un certain nombre d’activités et à la territorialisation de la concertation, pour être plus près des acteurs locaux et mieux comprendre ce qu’ils veulent. Nous avons essayé de définir une méthode qui se centrait plus sur l’histoire du projet et sur les comparaisons entre les visions que nous avions du territoire et des projets et les visions de l’externe. C’est cette méthode dite d’étude de contexte que nous avons essayé de diffuser dans l’entreprise.
Donc, partant de controverses, nous nous sommes plutôt focalisés sur les questions de compréhension des contextes locaux.

Néanmoins, en 1998-99, nous avons fait une étude sur les pylônes esthétiques et architecturés, que je vais vous résumer brièvement [2]. Là, nous étions vraiment sur une piste esthétique ou une piste de design. L’idée de cette enquête était de savoir comment étaient utilisés ces pylônes. Le point de départ était un concours d’architectes lancé par EDF autour des nouveaux pylônes Roseau et Fougère, conçus par les équipes des architectes Mimram et Richie. L’idée de départ, assez naïve, est que l’on était face à une véritable nouveauté pour l’entreprise puisque l’on faisait appel à des architectes pour concevoir des pylônes à vocation officiellement esthétique. Or, notre première surprise au cours de l’enquête a été de nous apercevoir que la question de l’esthétique des lignes et des pylônes électriques était en réalité travaillée depuis longtemps par les ingénieurs d’EDF. Simplement, on en parlait peu et la mémoire sur ce thème était peu entretenue ! Pour mémoire, le pylône treillis Beaubourg que l’on trouve à des centaines d’exemplaires à travers toute la France était issu d’un concours de design qui eut lieu au centre Pompidou dans les années 70. Nous avons aussi appris par des entretiens qu’un paysagiste avait travaillé ces problématiques esthétiques à la Division transport d’EDF en 1979-80. Or, pendant ces années-là le développement des lignes à très haute tension a été très rapide car il fallait accompagner le développement du programme nucléaire. On a ainsi construit à une certaine période plusieurs centaines de kilomètres de lignes par an ! Cela s’est accompagné d’une réflexion esthétique discrète, mais on a surtout gardé peu de trace en interne de ce travail. Nous avions aussi réalisé un travail sur un pylône qui a fait l’objet d’un projet d’inscription aux monuments historiques. En résumé, notre travail montrait l’existence de toute une série d’expériences internes discrètes et mal connues.

Nous avons fini par découvrir quelque chose d’assez paradoxal. Lorsque nous discutions avec des ingénieurs, nous entendions souvent en guise d’introduction à l’entretien : « Je sais très bien qu’une ligne n’est pas quelque chose de beau ». Sur cette base, nombreux étaient ceux qui disaient n’avoir rien à dire sur le sujet et pourtant les entretiens duraient des heures ! En fait, quand nous les faisions parler un peu plus, nous nous rendions compte qu’ils avaient une conception esthétique de leur travail. Entre eux, entre professionnels, ils savent ce qu’est une belle ligne. C’est par exemple une ligne droite et pure : une ligne qui ne zigzague pas et qui, sous certains angles, se fond dans le paysage (effet de transparence des pylônes treillis et effets de perspectives). Les ingénieurs du transport, bien qu’ils s’en défendent, semblent donc avoir une conception esthétique de l’utilisation possible de la palette d’outils déjà à leur disposition. Nous avons alors cherché à comprendre lors d’entretiens comment ils se servaient des pylônes officiellement désignés comme esthétiques et architecturés.

C’est là que l’on se rabat sur quelque chose de paradoxal. Là où l’on découvre précédemment des utilisations esthétiques d’outils apparemment utilitaires, on va découvrir à l’inverse un usage purement stratégique des outils esthétiques !
Pour un responsable de projet, et sous l’angle de l’acceptabilité, un pylône architecturé n’est que l’un des éléments d’une palette d’outils qui permet l’insertion d’une ligne. Il est aussi possible de jouer sur le tracé, les compensations, l’effacement de réseau, etc. Si l’on ne parle que de supports, le responsable de projet a déjà une gamme de pylônes à disposition. Parmi ceux-là, il y a la base (le treillis datant des années 70), soit ce qui est peu cher et fiable. Les formes, les hauteurs et les couleurs peuvent cependant varier et se combiner d’une manière notamment à épouser les variations du relief. Ensuite, il y a les pylônes dits esthétiques (datant des années 80) : les monotubes muguets. Ils sont bien plus chers, mais déjà assez standardisés, ce qui permet de les utiliser ponctuellement de manière assez régulière. Enfin, il y a les pylônes architecturés (fin des années 90), soit ceux conçus par des architectes. Ils sont expérimentaux et le restent : ces pylônes-là sont très peu utilisés. On les utilise au coup par coup, à la suite d’initiatives locales ou nationales. Par exemple, j’ai le souvenir d’un pylône bois appelé « Grand Duc », conçu en collaboration avec l’École d’architecture de Saint-Étienne et qui avait vocation à être utilisé dans le Massif Central (le support bois pouvait être développé par des entreprises locales). On ne l’a implanté que dans deux endroits dont une aire d’autoroute de la région, là où il était très visible. Cela a permis de faire une belle opération de communication, mais le support restait trop cher par rapport au support classique et on n’a pas cherché à le développer davantage.

C’est le même cas de figure pour les pylônes conçus par les architectes : ils sont nettement plus chers et moins bien connus par les techniciens (qui doutent de leur fiabilité pour certains usages tels que les pylônes d’angles). Résultat : on ne les utilise que lorsque l’on pense avoir besoin de faire un geste esthétique, la gamme de base restant inchangée. En clair : on offre quelques pylônes différents pour traiter un point particulièrement sensible d’une ligne donnée, mais le reste de la ligne continue d’être construit avec des pylônes classiques.

  • Concrètement, dans un cas étudié, il s’agissait de faire accepter par les élus d’une ville française moyenne la réutilisation d’un couloir de lignes très haute tension. Il s’agissait de reconstruire au même endroit une nouvelle ligne en remplacement d’une ligne vétuste. Or les élus souhaitaient réhabiliter en profondeur la zone industrielle en bordure de ville où aboutissait la ligne. Il s’agissait donc de faire un geste, de se mettre symboliquement à niveau du travail paysager réalisé sur la zone. Le reste de la ligne a été réalisé en pylône treillis classiques, à l’exception du départ de la ligne dans une autre zone urbaine qui a fait l’objet d’un traitement en monotubes (pylônes muguets).
  • Dans le deuxième cas, il s’agissait d’une ligne qui était venue se coller à une ligne de train à grande vitesse dans le sud de la France sur une partie de son tracé. Il s’agissait d’un tracé tout à fait opportuniste à la suite de l’échec d’un premier tracé. Là encore il s’agissait de mettre le projet de ligne électrique à niveau du travail esthétique et paysager fait sur une autre infrastructure. Le projet de ligne TGV avait été fortement contesté et la SNCF avait, entre autres, mis l’accent sur la qualité paysagère des infrastructures (appel à des architectes). Sur les quelques kilomètres concernés, une longue concertation avait été menée avec le service instructeur de l’État (inspection des sites). Pour convaincre le même service, EDF a alors proposé d’utiliser ces nouveaux supports en un point précis (traversée d’un fleuve). Le reste du tracé est traité par des outils plus classiques (supports larges permettant de baisser la hauteur de la ligne au niveau d’un rideau d’arbres).

Ces deux exemples pour montrer que si on faisait une forme de sociologie des usages des pylônes, on identifierait donc tout un continuum, qui va du moins cher et plus fiable (le vrai outil de travail) au plus cher et plus expérimental (et parfois moins sûr et moins utilisable pour des raisons techniques). Mais on l’a dit, pour les praticiens cela ne recoupe pas une distinction utilitaire/esthétique, au contraire !

Les pylônes esthétiques et architecturés sont surtout des objets et des outils de la négociation. On cherche à valoriser ce que l’on peut cacher et à déplacer la négociation sur un autre terrain. Nous sommes face à des gens qui, avec les controverses, essaient, avec plus ou moins de bonne foi, d’amener l’entreprise à une solution souterraine (enfouissement du réseau). Par le pylône esthétique, la négociation peut être déplacée : « puisque l’on ne peut pas enfouir, essayons de faire quelque chose de plus beau. Et là, nous sommes prêts à faire un geste ». C’est un geste symbolique, dans la négociation, plus qu’un geste esthétique. C’est fait pour emporter l’adhésion d’un certain nombre d’aménageurs professionnels, plus particulièrement le service instructeur. On pourrait penser que c’est un geste à destination du public, puisque les objets seront visibles de tous, mais en fait cela sert surtout à convaincre un certain nombre de personnes qui donnent leur autorisation définitive. Si ces personnes préfèrent les pylônes monotubes aux pylônes treillis, nous sommes bien obligés d’en tenir compte. Par ailleurs, dans le cas d’une implantation qui ne se passe pas très bien, avec contestations des populations, cela peut être une manière de faire un geste en direction d’un élu, qui pourra dire « regardez ce que l’on a obtenu d’EDF, entre autres compensations ». Comme je l’ai déjà dit, cela ramène la question de l’esthétique des supports à un enjeu de négociation.

L’étude dont je vous parle commence à dater. Réalisée en 1999, elle illustre la manière dont réagit une entreprise publique intégrée et monopolistique dans une logique de négociation avec le local. Ici, l’entreprise, seule destinataire de la demande sociale, craint la surenchère et craint de faire jurisprudence. Elle a une attitude restrictive : elle ne fait de gestes que lorsque cela est nécessaire et essaie de s’en tenir à une ligne économe des fonds publics.

Tout en appartenant toujours au groupe EDF, le Réseau de transport d’électricité (RTE) a aujourd’hui le monopole du transport, mais dans un contexte dérégulé. Potentiellement, c’est une entité qui pourrait devenir autonome. On voit alors les mêmes services, éventuellement les mêmes personnes, qui adoptent une attitude nouvelle. Depuis un certain nombre d’années, toute une partie du coût des projets (10%) est destinée à des mesures d’accompagnement. Avant, ces 10% représentaient une somme mise sur la table pour accompagner le projet, et les pylônes esthétiques venaient par surcroît. Maintenant, la donne a changé : les collectivités sont libres d’utiliser les 10% pour des pylônes esthétiques ou architecturés si elles le souhaitent. Charge à elles d’assumer les coûts correspondant en soustraction d’autres projets possibles. Compte tenu du coût des supports en question, il y a de quoi réfléchir : projet de développement local ou préservation du paysage ?

Nous voyons donc bien qu’il y a aussi des effets de position dans la manière de gérer ces pylônes esthétiques. Si une collectivité veut avoir de tels pylônes, elle peut faire l’effort dans le cadre de ses surcoûts. Les logiques économiques influencent des choix paysagers. L’esthétique est rabattue sur des dimensions maîtrisables et qui peuvent nous aider. Finalement, en dehors de leur gestion discrète par les ingénieurs, les dimensions esthétiques sont un peu évacuées par les logiques d’acceptabilité. Encore une fois, on ne prétend pas vous présenter tous les travaux réalisés sur ce sujet-là. Des gens ayant travaillé sur le débat public et le paysage diraient peut-être autre chose.

Je vais maintenant parler brièvement de l’éolien, avec un peu le même genre de constat. Ce qui est intéressant, c’est que le débat des années 90 sur les lignes qui défiguraient le paysage a ressurgi presque mot pour mot autour de l’éolien au début des années 2000. En 2001, un coup de pouce a été donné à l’éolien en proposant un prix de rachat garanti. Cela a donné lieu à une espèce de fièvre de l’éolien entre 2001 et 2002. L’éolien, question d’énergie renouvelable, est rapidement devenu une question paysagère car les multiples projets ont été contestés et souvent rejetés au nom de leur atteinte au paysage. En effet, des machines de plus de 100 mètres de haut peuvent difficilement être dissimulées au regard.

Je vais vous présenter une enquête qui a été conduite juste à ce moment-là (Chataignier et Jobert, 2003). Les choses ont un peu changé depuis. Ici aussi, on pourrait aborder la question sous l’angle de l’opinion publique [3]. L’étude portait sur un territoire à la frontière de l’Aude et de l’Hérault, celui des AOC viticoles de Saint-Chinian et Minervois. Nous avons découvert que, au moins un certain temps, l’éolien et le vin ont du mal à aller ensemble. Pourquoi les promoteurs avaient-ils choisi ces sites ? En raison des contraintes qui se présentent à eux : il leur faut du vent et être à proximité du réseau. En France, il n’y a pas d’accès prioritaire au réseau et le financement de l’accès au réseau est à la charge du développeur. Ici, nous avons de petites communes viticoles en mal de ressources avec une ligne très haute tension sur leur territoire. L’idée des développeurs éoliens était de proposer des éoliennes le long d’une ligne électrique déjà existante, partant du principe qu’elles seraient plus facilement acceptées puisque le paysage était déjà défiguré, ou plutôt pour utiliser leur expression « artificialisé ». C’est un pari qui n’a pas du tout fonctionné. C’est intéressant car on se retrouve dans des situations où des riverains de lignes existantes vous déclarent que les lignes électriques sont plus humaines que les projets d’éoliennes qui, elles, sont perçues comme « trop grandes ». On voit des gens qui vivent une relation dynamique avec leur paysage. Encore une fois, sous l’angle de l’acceptabilité, c’est difficile à appréhender.

Comment peut-on comprendre la controverse qui naît autour des projets éoliens ? Pour les élus, les éoliennes sont une promesse de développement (taxe professionnelle) dans un contexte d’intercommunalité et de pression démographique et touristique. L’opposition va venir des viticulteurs. Ils vont se dire qu’ils sont dans un territoire viticole paysagé. Il y a, pour eux, incompatibilité entre territoire d’excellence en appellation d’origine et site industriel (ils utilisent ce terme, alors que les développeurs utilisent le terme plus agricole de « fermes éoliennes »). Il a donc fallu rencontrer les viticulteurs pour y comprendre quelque chose. Leur argument était que ce n’est pas tant le fait de modifier le paysage réel qui posait problème, mais le fait que d’importants efforts de communication aient été faits pour valoriser le lien entre le paysage et le vin. Pour les viticulteurs, les éoliennes allaient à l’encontre de leur politique de promotion de vins issus de terroirs authentiques et préservés. C’était donc plus le paysage et l’authenticité construits par la communication qui était en jeu. Un autre groupe d’acteurs était mobilisé contre les éoliennes pour des motifs similaires : celui qui utilise le paysage comme ressource touristique. Les promoteurs du tourisme vendent l’arrière-pays, le terroir de qualité, etc. Ils font le pari que les gens venant sur ce territoire et fuyant la côte bétonnée et le tourisme de masse ne veulent pas voir d’objets industriels. En l’absence de données au moment de l’enquête, il était difficile de les contredire [4]. L’acceptabilité des éoliennes était donc mauvaise localement pour des raisons paysagères. Mais ces dimensions paysagères pouvait être interprétées surtout comme l’expression d’un conflit d’intérêt perçu par certains acteurs. Selon nous, l’implantation d’éoliennes était perçue comme une agression paysagère, comme quelque chose de laid et d’intrusif parce qu’aucun processus n’avait permis aux différents acteurs d’intégrer l’éolien dans leurs perceptions, dans leurs projets. Tous les acteurs se plaignaient du manque total de concertation autour des projets [5]. Partant du paysager, on a adopté une approche compréhensive des intérêts en présence localement, puis nous nous sommes rabattus sur un autre type d’explication, en termes de politique et de processus public.

Selon nous, sous la crispation autour d’un enjeu paysager, on pouvait aussi relever de nombreuses critiques de la politique publique mise en place. Le système de prix garanti a poussé les développeurs à multiplier les sites potentiels. Par ailleurs, il n’existait aucune incitation à la concertation, au partage d’expertises et d’informations. En fait, en raison de la concurrence pour l’accès au réseau entre les développeurs, c’est même le contraire qui s’est passé. C’était aussi contre cela que les gens s’élevaient. Donner à des entreprises la tâche de développer ce qui est considéré comme un service public (l’énergie) ne passait pas non plus naturellement dans un pays habitué au monopole d’EDF.

En résumé, dans le cas des lignes comme de l’éolien, on aanalysélescontroversesqui mettaient la question du paysage en avant et on a glissé progressivement vers des explications d’un autre type.
Je pense qu’on va ainsi dans le bon sens pour la compréhension de certaines dimensions des phénomènes d’acceptabilité. En même temps, on ne peut pas totalement évacuer la question et on peut d’ailleurs observer des initiatives intéressantes. Par exemple, sur l’un des sites en question, des éoliennes ont été construites dans la douleur, mais on a bien vu que le développeur avait cherché à modifier les représentations en créant de l’activité et du sens autour des éoliennes créées. Face à des opposants dénonçant les effets supposés sur l’image des vins et le tourisme, le développeur a développé une alliance avec certains viticulteurs : il y a eu des cuvées « éoliennes », des visites guidées du site, suivies de visites de cave, etc.

Une autre initiative significative est le concours Watt’s in the air organisé par EDF. Il s’agissait d’un concours d’architectes autour de l’acceptabilité des éoliennes avec comme contrainte de ne pas toucher aux machines, mais seulement à ce qu’il y a autour. Au départ, j’étais extrêmement sceptique, mais le résultat a été très convaincant. Les architectes ont trouvé de nombreuses façons d’habiller les machines et de les insérer dans le territoire. Nous sommes bien dans des questions autour du paysage, du tourisme et des objets industriels. Nous avons poursuivi cette année avec une étude sur la façon dont RTE gère l’inscription de ces lignes très haute tension dans le paysage. Je passe la parole à Élodie Merle.

Élodie Merle : Dans l’idée de vous présenter de manière chronologique les études et les problématiques que nous rencontrons depuis quelques années, nous allons parler maintenant brièvement de la dernière étude en date, qui a été menée en avril 2004, sur cette équation paysage, tourisme et lignes à haute tension.
C’est une étude qui a été menée par une étudiante en DESS Aménagement du territoire (Paris-I). Elle s’est appuyée essentiellement sur une méthode en trois points. Elle a d’abord fait une recherche bibliographique poussée sur le paysage. Ensuite, elle a utilisé des éléments issus du débat public sur le Lot en 2003 et du débat public France/Espagne de la même année. Enfin, sa troisième source de réflexion était une étude de terrain en Haute-Savoie auprès des acteurs locaux (population ciblée de 30 personnes) pour voir comment les lignes très haute tension étaient vues par les différentes parties prenantes de ce territoire touristique.
Ce que nous a montré cette dernière étude, c’est que l’acceptabilité est bien une question qui se pose tout au long du cycle de vie d’un ouvrage et pas seulement au moment de la planification et de la présentation à une société. Nous nous situons sur le versant un peu en amont du projet pour ce qui est du débat dans le Lot. Pour ce qui est de l’étude en Haute-Savoie, nous sommes plutôt dans une phase d’exploitation du patrimoine de RTE. Ce sont donc deux étapes différentes du cycle de vie des ouvrages électriques dans lesquelles les questions du paysage ne sont pas du tout les mêmes.

L’angle d’attaque était de partir de l’idée que les lignes ont un impact sur l’activité touristique. Cela est un élément récurrent de contestation contre les projets d’implantation de lignes, avec pour corollaire l’invocation de la protection et de la mise en valeur du paysage. Cela revient vraiment comme un leitmotiv dans les discours des opposants. Ainsi, un opposant dit : « Dans le département, nos principaux atouts sont notre paysage et notre terroir. Ils sont exploités par le tourisme, l’agriculture et le thermalisme. Il est évident que toute atteinte à ce paysage par une ligne très haute tension est une atteinte à l’économie du département ». Autre aspect mis en évidence par l’étude : cet impact sur le paysage et l’économie n’est pas toujours reconnu par le gestionnaire de transport. Un intervenant de RTE affirme en effet : « Je sais qu’une ligne électrique n’est pas forcément quelque chose de très beau. Mais j’ai entendu des choses peut-être un peu exagérées sur lesquelles nous pourrons revenir à propos des forêts de pylônes ou des hauteurs. Vous avez énormément grossi le trait ». Ainsi, le discours de RTE prend en compte la critique esthétique, mais pas forcément de manière frontale (ce qui recoupe l’étude sur l’usage des pylônes dont nous avons parlé précédemment). Nous nous retrouvons donc dans un contexte de blocage, en partie lié à un manque de compréhension entre RTE et les opposants.

Cette étudiante a beaucoup travaillé l’aspect multiforme de la notion de paysage. Du côté des opposants, les définitions sont en effet assez diverses. Pour les personnes qui vivent sur le territoire, notamment les retraités, le paysage est le cadre de vie. Pour les agriculteurs, le paysage est plutôt vu en termes de terroir et d’outil de travail. Les défenseurs du paysage amalgament paysage et environnement avec les zones classées. Enfin, pour d’autres, derrière le paysage, il y a l’idée de patrimoine. Nous le voyons, la définition est multiforme et composite, mais le terme est repris de manière unique comme un thème de mobilisation fédérateur contre les lignes très haute tension.

L’importance du vécu des habitants dans la notion de paysage ressort aussi des débats publics et de l’étude en Haute-Savoie. Il faut prendre en compte le paysage comme un construit social plutôt que comme une donnée objective qui peut s’imposer de l’extérieur à RTE. Nous avons donc, d’un côté, cette vision multiforme du paysage qui sert de mobilisation contre les lignes très haute tension et, de l’autre, une réponse de type plutôt institutionnel où RTE va avoir tendance à mettre en avant les protocoles qui ont été passés (notamment l’accord « Réseau environnement » entre EDF, RTE et l’État) et à ne pas s’engager complètement dans ce débat autour du paysage. Nous avons donc vraiment une position qui va être perçue par les opposants comme un retranchement derrière des aspects institutionnels, des protocoles et des procédures existantes.

Pour insister un peu sur cet aspect-là, qui est assez important, force est de reconnaître malgré tout que des efforts sont faits par RTE pour une meilleure intégration des ouvrages. RTE s’est quand même vraiment emparé de cette question du paysage depuis quelques années avec un certain nombre de mesures d’accompagnement : l’accord « Réseau électrique et environnement » qui date de 1992 et qui a été renouvelé en 2001, le système d’indemnisation pour préjudices visuels, les pylônes architecturés, les regroupements d’infrastructures d’aménagement, les liaisons souterraines, les méthodes pour la prise en compte du paysage. Malgré tout, on revient toujours sur ce problème de prise en compte insuffisante et mal orientée. Le gestionnaire de réseau bute sur deux choses. Le premier écueil, récurrent, concerne la confusion entre paysage et environnement dans le débat public. La notion de paysage n’est en effet jamais vue telle quelle par les ingénieurs, mais toujours appréhendée sous l’aspect environnemental. RTE va avoir tendance à objectiver cette notion de paysage sous des problématiques de zones protégées, de parc naturel, etc. Le second écueil (autre facette du même problème) est la difficulté à prendre en compte la dimension subjective du paysage, le vécu, la mémoire des habitants, le construit social. Des études de contexte sont faites, mais la vision globale du territoire comme expérience vécue par les différents acteurs est encore quelque chose dont RTE a du mal à s’emparer.

Très rapidement, je vais maintenant passer à la partie étude de cas que cette étudiante a réalisée en Haute-Savoie, dans les massifs du Chablais et du Giffre. La Haute-Savoie est le premier département touristique français, c’est une région économiquement riche, marquée par une urbanisation du fait de la croissance démographique et une déprise agricole dans certaines zones de montagne. Trois lignes haute tension concernent cette région : une 63 000 volts, revenue dans l’actualité avec un projet de rehaussement de 5 mètres, et deux lignes 225 000 volts perçues de manière inégale. L’une des deux passe vraiment en hauteur, sur les crêtes et est invisible aux habitants. L’autre, proche des zones touristiques, est vue par les habitants, mais n’est pas forcément remise en cause. Deux types d’entretiens ont été menés : semi-directifs, sur rendez-vous, avec un certain nombre d’acteurs qui étaient prévenus et des entretiens éclairs, à la volée, sur le terrain (hôtels, stations) avec des touristes et des gens du territoire. L’étude est intéressante car elle replace la dynamique historique de l’évolution dans le contexte de développement économique de la Haute-Savoie, département qui a connu dès les années 60 un fort développement économique grâce aux barrages hydroélectriques. Pour faire vite, nous pouvons dire que les lignes très haute tension ont été très bien acceptées car elles étaient perçues comme un signe de richesse du département. Aujourd’hui, petit à petit, il y a une évolution vers un potentiel de remise en question du fait du développement touristique. Ce développement s’oriente maintenant davantage vers une admiration du paysage que vers une exploitation des équipements des stations de ski. Le paysage revient donc en force dans le développement touristique de ce département et les lignes à haute tension, qui pour l’instant ne font pas l’objet de contestations, mais commencent à poser question. Significativement, l’étude en Savoie montre que les lignes existantes ne sont pas vues en temps normal, mais par contre tout projet de réhabilitation/reconstruction suscite des demandes locales d’effacement ou de déplacement des pylônes. L’acceptabilité, ou l’intégration dans le paysage n’est donc pas acquise mais construite.

Pour conclure, ce sont des choses dont nous avons du mal à nous emparer car nous n’avons pas de compétences en sociologie du tourisme. Nous sentons bien qu’il y a quelque chose à creuser, d’abord sur cette notion d’appréhension globale du paysage par RTE, y compris sur les aspects subjectifs. Ensuite, que faire en termes de prospective ? Peut-on en déduire des évolutions possibles sur les potentiels de contestations ? Cela pose un certain nombre de questions.


Discussion de Hélène Letourneau, à venir.
Références bibliographiques
  • Chataignier, S. et A. Jobert, 2003, « Des éoliennes dans le terroir. Enquête sur « l’inacceptabilité » de projets de centrales éoliennes en Languedoc-Roussillon », Flux, n° 54, p. 36-48.
  • Trom, D., 1996, La production politique du paysage : éléments pour une interprétation des pratiques ordinaires de patrimonialisation de la nature en Allemagne et en France, Thèse de doctorat, IEP de Paris.
  • Trom, D., 1999, « De la réfutation de l’effet NIMBY comme pratique militante », Revue française de science politique, vol. 49, n° 1, p. 31-50.


le 18 août 2005 par Arthur Jobert, Élodie Merle
modifie le 31 mai 2009

Notes

[1] lien cliquez ici->www.edf.fr/index.php4?coe_i_id=20003

[2] Une étude sémiologique sur la production de médias sur ce thème a aussi été réalisée par mon collègue Ferenc Fodor.

[3] Des questions ont été tentées dans le baromètre externe. En comparaison, des sondages en interne ont été faits. Exemple : « Lorsque les habitants d’une région risquent de subir des inconvénients en raison d’un grand projet, comme le passage d’une voie ferrée, d’une autoroute ou d’un canal, pensez-vous qu’il faut maintenir le projet en indemnisant les habitants ou accorder aux habitants le droit de refuser le projet ? ». Ici encore, la question n’est toujours pas posée sous l’angle de l’esthétique, mais sous l’angle du marchandage ou du droit au refus. Pour les réponses, chez EDF, nous sommes plus du côté du maintien du projet avec indemnisations. Dans l’opinion publique, c’est le droit au refus qui prévaut. Il est intéressant de voir que, du fait de faire un certain métier, l’opinion n’est pas la même que celle de la population générale. Autres questions posées : nous avons proposé en interne toute une série d’items provocateurs, dont « l’éolien fait du bruit et défigure le paysage ». Tout à fait d’accord : 21% chez EDF en 2001 ; 42% en 2002. Avec ce saut d’une année sur l’autre, on voit bien que d’autres tensions et crispations pas forcément en lien avec la conception paysagère se focalisent sur l’éolien.

[4] Par la suite, des sondages auprès de touristes (voir le site de l’ADEME) et les premiers retours sur les parcs construits semblent plutôt infirmer l’idée que les touristes fuient les éoliennes.

[5] Rejoignant en cela les contestataires des lignes très haute tension des années 90.