Voirie-Pour-Tous : Repenser les savoir-faire et les adapter à l’évolution des usages et des usagers

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Dix ans plus tard

Voirie-Pour-Tous : Repenser les savoir-faire et les adapter à l’évolution des usages et des usagers

Faire cohabiter en toute tranquillité sur l‘espace public qui leur est commun diverses catégories d’usagers en y garantissant notamment la vie quotidienne et la mobilité des personnes pauvres, fragiles, en situation de handicap : telle est l’ambition que s’est fixée dans les années 2000 un petit groupe riche des horizons divers représentés. Son travail s’est traduit par plusieurs milliers de documents de savoir-faire ainsi que par de nombreux exemples et applications concrets en France et à l’étranger. Les nouveaux comportements, les nouvelles technologies, le vieillissement de la population amènent évidemment dix ans plus tard à repenser ces savoir-faire et à les adapter à l’évolution des usages et des usagers.
 
Si l’espace public vous intéresse et si vous souhaitez – seul ou en groupe – vous approprier et développer intelligemment ce sujet au-delà des normes techniques en articulant diverses visions et différentes compétences, n’hésitez pas à vous en faire une idée sur www.voirie-pour-tous.info et sur les parties DocPro et Pédagogie. Envoyez nous un petit message.

 
On s’y préoccupe de permettre aux gens qui partagent cette ambition, notamment aux bénévoles et personnes engagées de toutes sortes, de faire avec passion quelque chose d’utile pour tous, en combattant les idées reçues, en étant force de proposition et en agissant avec créativité sur le terrain de façon adaptée aux divers cas particuliers.

En débat : Pourquoi Voirie Pour Tous - Que proposons-nous après 10 ans de démarche - En résumé, ce qui compte est bien davantage : - Quelques mots sur la ou les compétences



Pourquoi « Voirie pour Tous
Voirie : chacun pourra lui préférer un autre mot, peu importe. La voirie est l’espace fondamental de l’échange, de la vie quotidienne, des déplacements, le support absolument nécessaire à la solidarité indispensable à chacun de nous, à ce que nous pouvons nous apporter les uns aux autres ? Qui peut se passer de la voirie - qu’il s’agisse d’un sentier, d’une route, d’une rue, d’un trottoir, d’un chemin rural ou urbain … - dans quelque pays ou contexte géographique que ce soit ? Qui quitte ou retrouve son logement, son établissement professionnel, un lieu de loisirs, de culture etc… sans emprunter une voirie !

 
Pour Tous : parce que, spontanément, habituellement, c‘est l’inverse que produisent nos politiques - nationales ou locales – de choix techniques, d’aménagement de l’espace, d’urbanisme ; mais aussi nos réglementations segmentant à l’envie les sujets et les cas… Nos politiques qui prennent d’abord en compte les usages considérés comme ordinaires et normaux, surtout les usages de l’automobile, même et surtout dans les pays émergents ou en développement ; usages qui rétrécissent de plus en plus l’espace offert aux autres usages à mesure que ceux de l’automobile s’approprient de facto l’espace qui devrait être commun … c’est-à-dire « Pour Tous « .

De telles politiques nous éloignent très vite, très loin, des pauvres, des faibles, des handicapés, de tous ceux qui devraient être au contraire au premier rang des priorités de nos sociétés – lesquelles ainsi se jugent elles-mêmes de plus en plus inégales, injustes, relégantes … asociales in fine.
Le « Pour Tous » doit d’abord nous interroger sur la finalité de nos choix et de nos pratiques.


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Que proposons-nous après 10 ans de démarche ?

Voirie Pour Tous est d’abord une démarche multi-culturelle qui fait interagir tous les acteurs institutionnels et professionnels, lesquels ont pour raison d’être le service des usagers qui sont alors la clé de cette démarche. Elle s’intéresse aux pratiques de mobilité et de cheminement dans l’espace public.
Voirie Pour Tous n’exige pas le respect de normes techniques – sauf dans les domaines de l’accessibilité et de la sécurité qui en sont pourvus.
C’est d’abord un autre regard, un autre point de vue – notamment celui des pauvres, des fragiles, des PMR (personnes à mobilité réduite), des personnes âgées beaucoup trop fréquemment oubliés ou négligés alors qu’ils sont prioritaires !
C’est aussi un autre point de vue, un décentrement, une agilité sur la façon de penser et d’articuler les mobilités dans l’espace public, une ouverture large et systématique sur ce qui se fait dans d’autres pays et d’autres contextes.

Voirie Pour Tous doit se réinventer, s’actualiser à l’heure des objets connectés, des véhicules autonomes, des nouvelles pratiques du travail et de la localisation des activités économiques, d’usagers qui ne se bornent plus à « consommer » l’espace public en particulier du fait de leur réactivité numérique et pratiques communautaires .
A l’heure d’une mobilité davantage maîtrisée et partagée par les usagers, d’une mobilité (circuits, rythmes, segmentation) mieux connue par les opérateurs techniques, exploitants et professionnels intervenant sur la voirie, sur la valorisation des parcours, sur les pratiques de mobilité, sur les outils et applications mis à disposition des internautes en mobilité.
Ceci sans oublier l’émergence de nouveaux modèles économiques « exploitant » les mobilités. Egalement à l’heure de l’explosion des quantités de données collectées dont certaines seront de plus en plus partagées et exploitables utilisables via l’Open Data. Il faut aussi penser Voirie Pour Tous à l’heure du risque de voir beaucoup de gens non ou dé-connectés !

Voirie Pour Tous ne peut se cantonner aux savoirs et à l’observation de règles et de procédures mais doit bien davantage se fonder sur des pratiques éducatives et de recherche partagée.
De ce point de vue, il sera essentiel que la société des objets connectés et des véhicules autonomes aide à une bonne connaissance (et non à un logique de surveillance) des pratiques et comportements (dont les civilités) lors de mobilités et cheminements dans l’espace public. Cette orientation contribuera à diffuser largement des opportunités d’apprentissage personnel avec expérience utilisateur.
Les pratiques numériques conduisant de plus en plus à valoriser l’usage plus que la possession, il faut aussi s’interroger sur la valorisation respective à venir entre des investissements avec leur exploitation/maintenance et des usages en mobilité (facteurs nouveaux de création de valeur).

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En résumé, ce qui compte est bien davantage

• l’état d’esprit et la réactivité ;
• la palette des quelques priorités réfléchies, choisies, tenues avec souplesse mais sans défaillance ;
• le respect des méthodes pour penser, agir, comparer, explorer à plusieurs avec agilité d’esprit ;
• la vérification que ce qu’on fait est en phase avec les priorités et, dans le cas contraire, la modification résolue et rapide du résultat défaillant ;
• l’acceptation d’une action « par étapes « afin de donner la possibilité d’avancer à un rythme qui soit acceptable et source d’évolution, d’apprentissage pour chacun …
• … et précisément les processus d’apprentissage autour du partage de l’espace public.

 
Responsables politiques ( élus, citoyens engagés … ) et techniciens de la voirie doivent se garder de vouloir trouver toutes les réponses au titre de leurs compétences.

    • Ils ne pourront les trouver que s’ils identifient d’abord les questions – toutes les questions posées par leurs partenaires, pas seulement celles qui leur conviennent – puis les hiérarchisent et les traitent de façon complète.
    • Plus généralement, les défenseurs d’une mobilité particulière ou d‘un espace spécifique ne doivent pas oublier le vivre ensemble et le partager avec empathie … en somme se mettre à la place de l‘autre, cet autre d’autant plus précieux qu’il est ordinairement inaudible, ignoré, négligé … avec une bonne foi désarmante souvent.
    • Tous sont un maillon important dans la chaîne multi-culturelle des intervenants, mais un maillon seulement. L’usager lambda ( de moins en moins anonyme ) en mobilité devient un acteur majeur et responsable.

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Quelques mots sur la ou les compétences.

Etre compétent, c‘est bien plus que disposer d’un savoir technique et de normes ou de standards.
    • C’est être capable d’inventer, d’adapter pour des cas hors standards.
    • C’est connaître le cadre d’emploi des normes, des limites de leur validité.
    • C’est se forger ou acquérir des méthodes de traitement des cas complexes sans abandonner ou bousculer les priorités dont on a reconnu l’importance.
    • C’est la capacité d’expérimenter, d’évaluer, de comparer, de corriger – et cela en n’avançant pas seul mais en associant les autres acteurs, en étant en mesure d’expliquer les choix, en n’ayant pas peur d’expliciter qui gagne et qui perd avec tel choix, et avec quelle sensibilité du résultat selon l’ampleur d’une modification de ce choix.

Etre compétent dans un monde en mutation… c’est probablement d’abord douter de ses certitudes pour explorer de nouveaux horizons.

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Si vous partagez ces divers repères dont le site voirie-pour-tous.info se fait l’écho, prenons contact pour progresser ensemble.



modifie le 26 février 2016